Le système nerveux autonome - ou SNA -, régule en permanence les grandes fonctions de notre organisme : la respiration, le rythme cardiaque, notre température, la digestion, le niveau d’énergie, tout cela de façon automatique et inconsciente. Il est situé à la base du cerveau, au niveau de la nuque.
Ainsi le SNA régule la chimie et le fonctionnement du corps. Mais il dirige aussi notre manière de réagir aux situations et d’entrer en relation avec les autres. Comme pour la respiration et la digestion, il fait cela automatiquement, sans nous demander notre avis.
Contrairement à notre cerveau « créatif » qui parle avec les mots et le langage, le SNA s’exprime par les sensations corporelles et les émotions. C’est donc le langage du corps qui nous permet de ressentir ce que veut nous dire notre Système nerveux autonome.
Par exemple, lorsque nous nous sentons en sécurité, notre corps se détend, notre respiration devient plus fluide, nous réfléchissons plus clairement et nous sommes davantage disponibles pour le lien, la curiosité ou l’action. Mais dès qu’un danger est perçu par le SNA, souvent de manière inconsciente, il mobilise des réponses de protection qui vont générer de la tension, du stress, de l’inquiétude voire de la peur.
Nous pouvons nous sentir tendus, irritables, agités, sur le qui-vive, avec l’envie de fuir, de nous défendre ou de tout contrôler… parfois sans même comprendre pourquoi. À d’autres moments, nous pouvons au contraire nous sentir ralentis, découragés, coupés de nos émotions, sans énergie ou comme absents à nous-mêmes.
Il arrive aussi que notre réaction paraisse disproportionnée par rapport à la situation présente. Une remarque, un silence, un conflit ou une distance dans la relation peuvent déclencher une forte inquiétude, une colère soudaine ou un repli difficile à expliquer. Ainsi, à chaque instant, l’état de notre corps reflète l’état de notre SNA.
Toutes ces réactions ne sont pas dues à un manque de volonté. Le SNA se montre souvent plus puissant que nos efforts volontaires. Il tient cette puissance de son rôle de protection face au danger : depuis notre naissance et au fil de notre histoire, il a méticuleusement appris à repérer très rapidement certains signes comme dangereux et à déclencher automatiquement les réponses de survie qui lui semblent nécessaires.
Après avoir affronté de graves dangers comme la peur de l’abandon, du rejet, la peur de mourir ou des abus de toute nature, le SNA peut se montrer comme « coincé » dans les dangers que nous avons traversés. On dit alors que le SNA est dissocié. Il tourne en rond dans les procédures de survie face à un passé insécure, sans pouvoir retrouver par lui-même le chemin de la sécurité et de la détente. C’est cela que l’on appelle un trauma.
La régulation d’un SNA ainsi dissocié ne consiste donc pas à se raisonner ou à se forcer à se calmer. Cela n’a souvent que peu d’effet sur ce que nous ressentons. La régulation du SNA consiste d’abord à retrouver suffisamment de sécurité pour ne plus rester bloqué dans l’alerte, l’agitation ou la coupure. Cette régulation s’opère par le lien avec le corps, par l’attention portée aux sensations dans le cadre d’une relation fiable, sécure et ajustée.
L’Intelligence Relationnelle® est un modèle de psychothérapie récent, élaboré par le Dr François le Doze, neurologue et psychothérapeute. Ce modèle s’appuie sur les connaissances issues des neurosciences, de la théorie de l’attachement et de l’étude du traumatisme. Il aide à comprendre pourquoi, malgré nos efforts, certaines réactions émotionnelles, corporelles ou relationnelles continuent de se déclencher automatiquement.
Ces réactions ne sont pas des faiblesses : elles correspondent le plus souvent à des mécanismes de protection mis en place par notre Système nerveux autonome pour faire face à des situations vécues autrefois comme dangereuses et insécurisantes.
Au cœur de l’IR® se trouve la sécurité relationnelle et cette clé de compréhension de notre fonctionnement psychique : ce qu’une ou plusieurs relations insécures - voire dangereuses - ont abimé en nous, une relation profondément sécure peut le réparer.
Ainsi, dans un lien thérapeutique stable, attentif et respectueux, le système nerveux autonome peut progressivement sortir de ses réponses habituelles de défense : tension, agitation, repli, figement ou déconnexion. La présence du thérapeute, sa capacité à rester en lien, sans jugement, et à s’ajuster à ce que vit la personne permettent peu à peu au corps de faire une nouvelle expérience : celle de pouvoir traverser une émotion, une sensation ou un souvenir sans être seul ni submergé.
Il devient alors possible de s’accueillir soi-même et de transformer en profondeur les mécanismes qui entretiennent la souffrance et la dissociation.
Dans un accompagnement en IR®, le patient et le thérapeute ne cherchent donc pas à analyser ce qui s’est passé ou à expliquer intellectuellement les difficultés rencontrées. Ils expérimentent un travail vivant sur les mémoires traumatiques, dans lequel la relation thérapeutique devient un espace de transformation.
À mesure que le système nerveux autonome se régule, la personne ressent davantage de sécurité dans son corps, identifie plus clairement ses besoins et retrouve une plus grande capacité de choix face à ce qui, auparavant, déclenchait des réactions automatiques de survie.
Ce travail permet progressivement de ne plus être uniquement guidé par la peur, l’évitement, l’hypervigilance ou la coupure intérieure. La personne peut développer une relation plus apaisée avec elle-même, mieux reconnaître ses limites, demander de l’aide, entrer en lien sans se perdre. Elle peut alors traverser les conflits avec davantage de stabilité.
Peu à peu, elle retrouve plus de souplesse, de liberté intérieure et de confiance dans sa capacité à faire face aux situations difficiles, tout en construisant des relations plus sécurisantes avec les autres.